Mon expérience avec le dialogue authentique (CNV)

Mon tout premier contact avec la Communication NonViolente (CNV) s’est fait via un courriel échangé avec l’équipe de Spiralis et ça a tout de suite piqué ma curiosité. Alors quand est venu le temps d’organiser une activité chez mon employeur pour souligner le mois de la santé mentale, j’ai tout de suite pensé à eux.
Après avoir organisé une conférence sur comment mieux comprendre et communiquer ses besoins au travail, j’ai eu envie d’approfondir ces réflexions en suivant la formation de deux jours « Introduction au dialogue authentique » offerte en virtuel.
J’ai abordé ces deux journées avec beaucoup de curiosité et d’ouverture. Sans avoir d’attentes vraiment, je voulais simplement voir comment les principes de la CNV pouvaient s’appliquer concrètement à ma réalité.
La première chose qui m’a frappée, c’est de réaliser que nos sentiments sont bien plus que de simples émotions passagères. Ce sont des indicateurs, un peu comme des témoins sur un tableau de bord. Ils nous informent que quelque chose se passe en nous et nous invitent à décoder le message caché derrière. Pour moi, ça a été le point de départ d’une réflexion importante sur ma propre responsabilité par rapport à mes émotions.
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Apprendre à écouter le message au lieu de sauter sur une solution
Je ne suis pas le genre de personne qui a le chialage facile. Au contraire, j’ai toujours eu le réflexe de « faire passer » mes émotions le plus vite possible. Dès qu’une frustration ou un agacement pointe le bout de son nez, je passe par-dessus et je rentre immédiatement en mode solution. Je me disais que c’était ça, être efficace et professionnelle : ne pas s’arrêter aux petits inconforts et avancer.
Mais pendant la formation, j’ai réalisé que de toujours vouloir passer par-dessus l’émotion sans la questionner, c’est un peu comme essayer de régler un symptôme, mais sans jamais comprendre la cause.
J’ai appris que prendre le temps de vivre l’émotion, ce n’est pas une perte de temps ou être trop sensible. C’est en fait une façon de décoder un message crucial. Si je me sens impatiente, ce n’est pas juste un bruit de fond dérangeant; c’est mon système qui me dit qu’un de mes besoins (que ce soit le soutien, la clarté ou l’efficacité) n’est pas comblé.
Cette notion de responsabilité a été une révélation pour moi. Au lieu de simplement « endurer » ou de chercher une solution rapide qui ne règle rien en profondeur, je commence à m’arrêter pour me demander : « Qu’est-ce qui se passe pour moi, là? ». En reprenant la responsabilité de comprendre mes propres besoins, j’arrête de mettre ce poids-là sur les épaules de mes collègues sans même m’en rendre compte. C’est une façon beaucoup plus saine et durable de collaborer.

Sortir des dynamiques de pouvoir
Une autre chose qui m’a marquée, c’est cette idée de « faux dilemme » dans lequel on s’enferme souvent au travail. On a tendance à croire que si on rencontre une tension, on n’a que deux options : s’écraser pour acheter la paix ou se battre pour imposer son point de vue.
Dans ma tête, j’associais parfois la concession à quelque chose de négatif, comme si j’allais « perdre » mon pouvoir ou mon influence si je ne campais pas sur mes positions. La formation m’a permis de réaliser que c’est une fausse perception. On ne perd pas son pouvoir en étant à l’écoute des besoins des autres, on change simplement de dynamique.
Pour une personne comme moi, c’est un soulagement. Ça veut dire que je n’ai pas besoin de devenir un « bulldozer » pour être entendue, ni de devenir invisible. En nommant mes besoins et en essayant de comprendre ceux de mes collègues, on crée une zone de partenariat. On cherche des stratégies qui fonctionnent pour tout le monde au lieu de s’épuiser dans des rapports de force inutiles. La collaboration, c’est l’outil le plus efficace pour contribuer sans se vider de son énergie.
Pourquoi j’ai changé ma façon de dire merci
S’il y a une chose qui m’a vraiment fait sourciller durant la formation, c’est la réflexion sur les compliments. J’ai toujours pensé que de lancer un « bon travail ! » ou un « t’es vraiment bonne ! » à une collègue, c’était être une bonne collègue.
Mais, j’ai appris que même un compliment est une forme de jugement. En disant « C’est bien ce que tu as fait », on se place encore, sans s’en rendre compte, dans une posture de pouvoir où on évalue la performance de l’autre.
La CNV propose plutôt de remplacer le compliment par une expression de gratitude authentique. Au lieu d’évaluer l’autre, on parle de soi : « Quand tu m’as envoyé ce document avant l’heure, ça a vraiment nourri mon besoin d’efficacité et ça m’a enlevé un poids. Merci ! ». Ça semble être un détail, mais ça change complètement la connexion. On n’est plus dans le jugement, on est dans la reconnaissance de l’impact positif que l’autre a sur nous.
Ce que je retiens pour la suite
Je ne suis pas ressortie de ces deux jours en parlant parfaitement le « code CNV ». La théorie est une chose, mais la pratique en est une autre. Ce qui reste avec moi, par contre, c’est une nouvelle grille de lecture.
Maintenant, quand je sens une émotion monter, que ce soit de l’agacement, de la fatigue ou de la frustration, au lieu de rentrer tête première dans une solution pour m’en débarrasser, je m’arrête et je prends du recul. Je me demande quel est le besoin derrière et surtout, je me rappelle que je suis la première personne responsable de nourrir ces besoins-là.
C’est un apprentissage qui me demande de l’humilité, mais qui me donne surtout beaucoup plus de liberté dans mon quotidien. Si vous avez envie de transformer vos relations de travail (et votre propre paix d’esprit), je ne peux que vous suggérer d’aller explorer ce que Spiralis propose. Pour moi, c’est un investissement qui continue de nourrir mon besoin d’apprentissage et de découverte.
— Lukas Vézina

