Quelles dynamiques sont à l’oeuvre dans votre équipe?

On croit que la motivation dépend des tâches, des objectifs ou des conditions. En réalité, elle dépend aussi en grande partie de la qualité des relations.
Et pourtant, on rencontre encore souvent la croyance que d’investir du temps et de l’énergie dans les relations de travail est une perte de temps.
« Je n’ai pas le temps de gérer ça, j’ai du travail à faire. »
« On verra plus tard, là il faut avancer. »
« Une discussion de ce genre va prendre trop de temps. »
Derrière ces phrases, il y a une idée profondément ancrée : les relations seraient un à-côté, quelque chose qu’on gère quand il reste du temps — ou quand ça va vraiment mal.
Or, les relations font partie intégrante du travail.
Pour tout le monde. Pas seulement pour les spécialistes des ressources humaines.
Et paradoxalement, y consacrer du temps permet souvent d’en gagner : en fluidité, en clarté, en engagement et en collaboration. Ce que l’on évite aujourd’hui revient presque toujours autrement : sous forme de tensions latentes, de non-dits, de désengagement, de conflits récurrents, de perte d’énergie — et ultimement, de temps.
Car les relations ne prennent pas du temps.
Ce sont les relations négligées qui en font perdre.
Sans toujours nous en rendre compte, notre façon de nous parler, de nous écouter ou de nous taire façonne des dynamiques relationnelles qui soutiennent — ou fragilisent — la confiance et la collaboration au travail.
Nous aimons travailler avec le graphique ci-dessous, inspiré du travail de Thomas d’Ansembourg, qui illustre ces dynamiques et met en lumière leur impact direct sur l’énergie, l’engagement et la qualité de la collaboration au travail.

Il ne s’agit pas de catégories figées ou d’étiquettes, mais de mouvements relationnels dans lesquels nous pouvons tous et toutes nous retrouver, selon les contextes, les enjeux et les personnes impliquées.
🌱 La posture de confiance : la dynamique à laquelle invite la CNV
Commençons par la posture à laquelle invite la Communication NonViolente — celle qui génère le plus de confiance, de collaboration et de motivation au travail.
Cette posture n’est pas un idéal à atteindre en permanence. Elle constitue plutôt une direction, un point de repère vers lequel tendre le plus souvent possible, en sachant que, selon les situations, la pression ou les enjeux, nous pouvons naviguer d’une dynamique relationnelle à l’autre.
🤝 Zone de confiance — la dynamique de partenariat
(Prendre soin de soi et de la relation)
Lorsque nous apprenons à nous exprimer de manière authentique et responsable, tout en écoutant avec présence, les mécanismes de défense s’apaisent et la confiance s’installe. Les messages deviennent plus clairs, les intentions plus lisibles et les relations plus solides.
Cette dynamique permet d’entendre ce qui compte réellement pour les personnes avec qui nous sommes en interdépendance — sans nous oublier. Elle ouvre la porte à la synergie humaine, à une collaboration engagée et permet de nourrir un besoin de considération pour tous.tes.
Plutôt que de « lutter contre » pour faire valoir notre bien-être ou de « laisser faire » pour acheter la paix, nous choisissons une dynamique de partenariat où les solutions émergent en respectant et en engageant toutes les personnes concernées.
Exemples fréquents au travail :
- Nommer un inconfort tout en restant ouvert·e à l’autre.
- Reformuler ce qui est entendu avant de proposer une solution.
- Co-construire des stratégies qui tiennent compte des besoins de chacun·e.
À partir de cette posture de référence, regardons maintenant les autres dynamiques relationnelles dans lesquelles il est humain de se retrouver, surtout lorsque le stress, l’urgence ou l’insécurité augmentent — et comment elles peuvent, chacune à leur façon, nous inviter à revenir vers plus de confiance.
🔍 Zone de domination
(Prendre soin de soi, en se coupant de la relation)
Dans cette dynamique, nous nous coupons de l’impact que nous avons sur les autres pour prioriser nos besoins au détriment de ceux de nos collaborateur·trice·s. Cette posture peut prendre plusieurs formes : intimidation, pression, charme, chantage ou stratégies plus subtiles. Elle n’a pas toujours l’apparence caricaturale d’un·e dictateur·trice.
Souvent valorisée pour le courage, la force, l’énergie ou le franc-parler qu’elle dégage, cette posture peut sembler efficace à court terme. Or, elle mène généralement à deux réactions chez les personnes qui la reçoivent : la soumission ou la rébellion, ce qui freine la collaboration satisfaisante et durable.
Exemples fréquents au travail :
- Imposer une décision ou un échéancier sans espace de discussion.
- Faire pression pour obtenir un résultat « rapidement », sans considérer l’impact sur l’équipe.
- Utiliser l’humour, le charme ou l’urgence pour faire passer une idée.
Ce que cette zone nous apprend : le besoin de se respecter et de faire avancer les choses est légitime.
Pour tendre vers la confiance, l’enjeu n’est pas de s’effacer, mais d’élargir son attention à l’impact relationnel, en incluant les besoins des autres dans l’équation.
🔒 Zone de soumission
(Prendre soin de la relation, en se coupant de soi)
À l’opposé, il arrive que nous choisissions de nous couper de notre authenticité pour éviter le conflit ou préserver l’appréciation des autres. Nous nous centrons alors presque exclusivement sur les besoins de notre entourage, au détriment de ce qui est vivant en nous.
Cette posture du « bon gars » ou de la « gentille fille » qui ne fait pas de vagues peut sembler pacifiante. Pourtant, elle mène souvent à l’effacement, à la frustration ou à une révolte tardive.
Pour nos collègues, cette posture peut aussi créer de l’ambiguïté. Lorsqu’un désaccord ou un inconfort n’est pas nommé, les autres peuvent croire que tout va bien, prendre des décisions sur cette base ou, au contraire, sentir une tension diffuse sans pouvoir la comprendre. Avec le temps, cela peut fragiliser la confiance et rendre la collaboration moins claire et moins ajustée.
Exemples fréquents au travail :
- Dire oui alors qu’on pense non.
- Éviter de nommer un désaccord par peur de déplaire.
- Accumuler des irritants sans les exprimer, puis se sentir épuisé·e.
Ce que cette zone nous apprend : le lien et l’harmonie comptent profondément.
Pour tendre vers la confiance, il s’agit d’apprendre à s’exprimer de manière recevable, en prenant soin de la relation sans s’oublier.
🤨 Zone de méfiance
(Se couper de soi et de la relation)
Dans cette dynamique, on se protège en restant en retrait. On se dévoile peu, on garde ses opinions pour soi et les échanges demeurent souvent superficiels ou très cérébraux. L’écoute est présente jusqu’à ce qu’un point de vue divergent apparaisse ou qu’une situation nous déclenche.
À ce moment-là, on peut faire semblant d’écouter ou se réfugier dans sa tête pour ne pas trop subir. Peu à peu, le sens de la relation et de la contribution s’effrite. Cette posture génère peu d’énergie, car elle nous coupe à la fois de ce qui est vivant en nous et chez les autres.
Pour nos collègues, cette mise à distance peut être difficile à décoder. Le peu de réactions, de prises de position ou de retours peut être interprété comme du désintérêt, de la fermeture ou un manque d’engagement — même lorsque ce n’est pas l’intention. Cela peut contribuer à créer un flou relationnel et rendre la collaboration plus fragile ou absente, faute de repères clairs.
Exemples fréquents au travail :
- Se taire en réunion tout en se disant intérieurement : « Ça ne changera rien ».
- Éviter certaines conversations importantes.
- Maintenir une politesse de surface qui empêche les vrais échanges.
Ce que cette zone nous apprend : le besoin de sécurité est réel.
Pour tendre vers la confiance, il importe de trouver une façon d’oser un peu plus d’expression — avec la confiance que sa sécurité n’est pas en jeu — tout en écoutant sans se fermer, en s’intéressant à l’autre sans prendre les choses personnellement.
🛤️ Un chemin relationnel
Nous naviguons tous entre ces dynamiques. Parfois plusieurs fois dans une même journée. L’enjeu n’est pas d’éviter entièrement les zones de domination, de soumission et de méfiance, mais de développer la conscience et les outils qui nous permettent de revenir, le plus souvent possible, vers une dynamique de confiance et de partenariat.
On peut continuer à croire que le travail se résume aux tâches, aux objectifs et aux livrables. Pourtant, ce sont les dynamiques relationnelles — souvent invisibles — qui déterminent si une équipe avance avec énergie ou s’épuise à répétition. La façon dont on se parle, s’écoute ou s’évite influence en continu la motivation, la confiance et la qualité de la collaboration. Qu’on s’en occupe ou non, ces dynamiques sont toujours à l’œuvre.
La Communication NonViolente (CNV) offre des repères clairs et des outils concrets pour développer cette conscience relationnelle et apprendre à naviguer plus souvent vers une dynamique de confiance et de partenariat. Elle permet de transformer les tensions en conversations utiles, les non-dits en clarté, et les réflexes de protection en véritables leviers de collaboration. Chez Spiralis, c’est exactement ce que nous accompagnons : des équipes qui souhaitent travailler autrement, avec plus de sens, de vitalité et d’engagement. Parce que prendre soin des relations n’est pas une perte de temps — c’est l’un des investissements les plus porteurs pour le travail… et pour les humains qui le font.
➡️ Invitez-nous dans votre équipe
— Geneviève Bertrand
Directrice générale chez Spiralis

