L’éveil au privilège de François

Ma première vague d’éveil au privilège remonte à l’été 2005. Au cours d’un programme de CNV en Californie, on avait visionné le film documentaire “The Color of Fear”. Ça a été non seulement le début de mon éveil au privilège, mais aussi au racisme et au sexisme. Dans le film, un des protagonistes, Victor Lewis, un noir américain entre dans une colère assez impressionnante dirigée vers un homme blanc qui était jusqu’à ce moment plutôt ignorant de toutes ces questions. J’ai pratiquement vécu la même transformation que cet homme en regardant le film. Victor s’exprimait ainsi:

“Pourquoi on ne peut pas tout simplement se traiter en êtres humains? Quand j’entends ça d’un blanc, ça veut dire: pourquoi on ne pourrait pas prétendre que nous sommes tous des blancs!”
“Non, chaque homme ne se tient pas seul! Certains hommes se tiennent sur d’autres hommes et sur des femmes. Les personnes à la peau blanche se tiennent sur les coeurs des hommes et femmes de couleur. En plus, vous vous tenez sur les têtes des femmes blanches! Toute la terre a été prise aux personnes de couleur! L’Amérique du Nord était un continent rouge. L’Amérique du Sud était un continent rouge. Vous n’êtes pas debout sur votre propre sol; vous êtes debout sur le sol rouge! Et c’est ce que cela signifie d’être blanc: dire que vous êtes sur votre propre sol tout en étant sur celui de quelqu’un d’autre, puis mystifier tout le processus.”

Ça m’a beaucoup brassé… et ça a ouvert la porte à une série de transformations qui continuent jusqu’à ce jour et qui sont loin d’être terminées.

— François Beausoleil, formateur