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Accueillir son chacal – pour son propre bien et celui des autres

Par 9 février 2013décembre 3rd, 2019No Comments

Le chacal, en Communication NonViolente [1], c’est la partie de nous qui émet des jugements, sur nous-même ou sur les autres. Or, derrière ce jugement peu montrable qui nous trotte dans la tête, il y a une pépite : une de nos aspirations les plus profondes qui crie de ne pas être entendue.

Pendant le dernier séminaire de Spiralis sur les bases du dialogue authentique , j’ai redécouvert la vertu de l’accueil de mes jugements. Non pas pour les laisser prévaloir, pour les transformer. Revisitant un épisode douloureux avec une amie de longue date, je tâtonnais sur les sentiments et besoins qui étaient stimulés, sans réussir à toucher “the real business”, la profondeur de ce qui avait été touché en moi.

Ce n’est que lorsque j’ai pu formuler, sans restriction, tous les jugements que j’avais, vis-à-vis d’elle et de moi, que cela a ouvert la porte à l’exploration des besoins profonds qui avait été touchés dans cette interaction. Je passais ainsi du besoin de respect (sous-entendu elle ne m’avait pas respectée), au besoin de chaleur humaine et au besoin de me déposer – quelque chose qui m’appartient pleinement – et j’étais touchée.

Plus tard en travaillant avec un autre participant, je comprenais mieux comment, en évitant de nous attarder sur nos jugements sur les autres ou sur nous même, nous nous coupons de la réalité de ce qui nous habite. Accueillir ses jugements sans jugement, avec curiosité, les libérer de la boite des choses « qui ne se font pas », nous met en contact avec notre vulnérabilité, avec notre authenticité et nous donne du « jus » et de la créativité pour satisfaire les besoins profonds qui sont touchés en nous.

A contrario, si nous entrons dans une conversation difficile sans avoir accueilli et transformé nos propres jugements, ceux-ci vont teinter les observations, expressions et demandes que nous pourrons formuler. Au-delà des mots, les chances sont alors grandes que notre interlocuteur entende clairement les jugements que nous n’aurions pas assumés.

La bonne nouvelle : plus nous pourrons nous accueillir dans ces espaces les moins « montrables » et toucher ce qui nous habite, plus nous pourrons accueillir les autres dans ces mêmes espaces.

Alors êtes-vous prêt à accueillir vos chacals ? Quels défis avez-vous rencontré ?

Par Sylvie-Nuria Noguer

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[1] Le processus de la Communication NonViolente a été mis au point et proposé par Marshall B. Rosenberg, psychologue clinicien